— Avec la crise, nous sommes soumis à une forte pression des actionnaires.
— Rien que de très normal, non ?
— Oh, on a pris l’habitude... Non, le problème, c’est que les ventes ont chuté, la production de même, et l’action s’est considérablement dévalorisée.
— Tout à fait entre nous, je ne vois pas le problème. Je vends des machines à laver à perte depuis des années et ma boîte ne s’en porte pas plus mal.
— Comment donc faites-vous un tel miracle ?
— Je suis moderne, mon ami ! La vente, c’est le parent pauvre, aujourd’hui, les marges sont ridiculement petites, à peine de quoi s’offrir un séjour à Monaco. Le truc, c’est de vendre du vent, il y a toujours des idiots pour l’acheter.
— Vous vous reconvertissez dans l’énergie éolienne ?
— Sûrement pas, c’est beaucoup trop cher et le marché est distordu. Non, je vends du produit dérivé, ça ne me coûte rien, ça ne sert strictement à rien, mais qu’est-ce que c’est rentable !
— Du produit dérivé... sur des machines à laver ?
— Bien sûr ! Ça me permet de maintenir une politique de prix bas qui attire la clientèle, avec une marge faible qui justifie une compression de la masse salariale, tout en incitant les vendeurs à fourguer aux clients des assurances complémentaires totalement inutiles, à la prime très largement surévaluée, qui gonflent artificiellement le chiffre d’affaires et valorisent l’action loin au-dessus de ce qu’elle devrait être en ne tenant compte que des ventes de matériel. Du vent, vous dis-je.
— Et les clients achètent ?
— Les vendeurs vendent. Je leur accorde un intéressement sur les ventes de produits d’assurance bidon. Ils vous vendraient des ordures si je leur faisais miroiter une prime de salaire variable.
— Joli ! Et ça marche ?
— Et comment! Les actionnaires s’en réjouissent.

— Rien que de très normal, non ?
— Oh, on a pris l’habitude... Non, le problème, c’est que les ventes ont chuté, la production de même, et l’action s’est considérablement dévalorisée.
— Tout à fait entre nous, je ne vois pas le problème. Je vends des machines à laver à perte depuis des années et ma boîte ne s’en porte pas plus mal.
— Comment donc faites-vous un tel miracle ?
— Je suis moderne, mon ami ! La vente, c’est le parent pauvre, aujourd’hui, les marges sont ridiculement petites, à peine de quoi s’offrir un séjour à Monaco. Le truc, c’est de vendre du vent, il y a toujours des idiots pour l’acheter.
— Vous vous reconvertissez dans l’énergie éolienne ?
— Sûrement pas, c’est beaucoup trop cher et le marché est distordu. Non, je vends du produit dérivé, ça ne me coûte rien, ça ne sert strictement à rien, mais qu’est-ce que c’est rentable !
— Du produit dérivé... sur des machines à laver ?
— Bien sûr ! Ça me permet de maintenir une politique de prix bas qui attire la clientèle, avec une marge faible qui justifie une compression de la masse salariale, tout en incitant les vendeurs à fourguer aux clients des assurances complémentaires totalement inutiles, à la prime très largement surévaluée, qui gonflent artificiellement le chiffre d’affaires et valorisent l’action loin au-dessus de ce qu’elle devrait être en ne tenant compte que des ventes de matériel. Du vent, vous dis-je.
— Et les clients achètent ?
— Les vendeurs vendent. Je leur accorde un intéressement sur les ventes de produits d’assurance bidon. Ils vous vendraient des ordures si je leur faisais miroiter une prime de salaire variable.
— Joli ! Et ça marche ?
— Et comment! Les actionnaires s’en réjouissent.









